La foule du tournoi Outrageous 2019 chez Rage Montréal

Notre histoire

L’idée avait l’air d’une mauvaise idée.

Lancer des haches pour le plaisir ? À l’intérieur ? Comme entreprise ? Avant de signer un bail, on a installé quelques cibles dans l’atelier à côté de notre jeu d’évasion, acheté quelques haches et commencé à lancer. C’était ridiculement amusant. Le reste a suivi.

Ouverture
Mars 2016
Adresse
1436 rue Atateken, centre-ville de Montréal
Cibles
10
Fédération
IATF
Visiteurs
Plus de 500 000 personnes
Événements extérieurs
Plus de 200 depuis 2017
Groupe
A\Maze

Avant 2016

Des cibles dans l’atelier

Phil, l’un des futurs fondateurs, a été le premier à proposer le lancer de haches. A\Maze venait d’ouvrir, et le monde du divertissement était encore nouveau pour nous. On était curieux, ambitieux et prêts à essayer à peu près n’importe quoi. À peu près.

Ouvrir un endroit où les gens paieraient pour lancer des haches semblait complètement déraisonnable. Alors on l’a testé. On a construit quelques cibles dans l’atelier à côté du jeu d’évasion, acheté des haches et essayé de comprendre comment les lancer. Il n’y avait aucun tutoriel pratique pour expliquer la bonne prise, la distance ou la rotation. On manquait, on ajustait, on relançait.

On a cassé deux haches avant de s’arrêter. Mais chaque fois qu’une plantait, on en voulait une autre. L’idée douteuse le paraissait soudain beaucoup moins.

Le concept était prouvé. Phil, Polina, Anton et Alexander ont décidé d’ouvrir un centre de lancer de haches.

2016

Une ancienne bibliothèque sur Amherst

Trouver une maison pour le lancer de haches n’était pas simple. Il fallait de la hauteur, assez de profondeur pour les allées, le droit de faire du bruit et un propriétaire qui ne mettrait pas fin à la conversation au moment où on expliquerait ce qu’on voulait faire dans son bâtiment.

Après des mois de recherche, on a trouvé un local sur la rue Amherst, aujourd’hui la rue Atateken. Ç’avait déjà été une bibliothèque, et ce n’était même pas encore officiellement sur le marché. Les étagères étaient parties, mais quelques vieux livres restaient. La salle était inhabituelle, imparfaite et exactement ce qu’il nous fallait. On en est tombés en amour. On a passé environ deux mois à en faire des allées avec des cibles en bois.

Ensuite, il fallait un nom. Après des heures d’idées, de disputes et de noms dont plus personne ne se souvient, on s’est arrêtés sur Rage. Ça sonnait un peu agressif, alors on l’a adouci en Rage Academy pour le propriétaire, et probablement pour nous-mêmes. Ça n’a pas duré. Tout le monde l’appelait déjà Rage.

En mars 2016, Rage a ouvert ses portes. On pensait être prêts. On ne l’était pas. Le premier soir, on a cassé à peu près la moitié de nos haches. Les manches se brisaient. Les cibles réagissaient autrement que ce qu’on avait imaginé. Les premiers mois ont servi à comprendre comment le lancer de haches fonctionne vraiment comme activité : les haches, les manches, le bois, les distances et la façon de coacher les gens. Une bonne partie de ce qui semble normal chez Rage aujourd’hui vient de ces premiers mois chaotiques.

La façade de Rage sur la rue Atateken, sous la neige
Rage Academy en 2016 : le premier logo rouge, les meubles en palettes et les cages

2016–2018

Montréal découvre quelque chose de nouveau

En 2016, le lancer de haches demandait encore une explication. Vous entrez. On vous donne une vraie hache. Vous la lancez sur une cible en bois. Non, pas besoin d’être bûcheron. Ce n’était pas le choix évident pour une première date, un anniversaire ou une sortie de bureau. C’est exactement pour ça que les gens étaient curieux.

Le premier lancer allait généralement mal. Parfois les dix premiers. Puis une hache plantait. Quelqu’un criait. Quelqu’un devenait immédiatement compétitif. En quelques minutes, un groupe d’adultes entrés en disant « on n’a jamais fait ça » se vantait de chaque hache plantée.

Le grand moment est arrivé lors d’une journée de lancer de haches gratuite, en octobre. Plus de 450 personnes sont venues essayer. L’attente a atteint 90 minutes, et la file faisait presque le tour du bloc. Les radios et les journaux locaux ont repris l’histoire. Cette journée a donné à Rage la poussée dont il avait besoin.

Un succès comme ça, il faut le gérer. Alexandra Teteryuk et Justin Symons sont arrivés comme gérants, avec une équipe complète de coachs formidables : Raven, Bear, Eagle, Panther, Stag, Wolf, Falcon, Fox, Owl, Rhino et bien d’autres. Pour eux, l’endroit est devenu plus qu’un travail. Ils y ont mis leur énergie, leur sueur et leur cœur.

Alexandra Teteryuk, gérante chez Rage, hache prête à lancer
Un coach de Rage en costume de Viking, hache à deux mains
Deux couteaux de lancer levés, prêts à partir, chez Rage

2017 →

Rage sort dehors

En 2017, on a construit des cibles extérieures mobiles et on a commencé à emmener Rage en événement. Il y en a eu beaucoup, mais le premier, et encore l’un des plus mémorables, c’est le Festival d’hiver de Québec. Il faisait moins 36. Les coachs devaient se relayer dehors, parce que personne ne pouvait rester longtemps à la ligne de lancer. Même par ce temps-là, l’attente a atteint 60 minutes : trois lancers, puis on retourne dans la file pour réessayer. C’était notre premier grand événement hors de Montréal et la preuve que Rage pouvait fonctionner presque n’importe où.

Depuis, Rage a participé à plus de 200 événements extérieurs : fêtes privées, rassemblements d’entreprise, Comiccon de Montréal, fêtes de quartier et festivals partout au Québec.

À force de monter et de démonter, on a construit une meilleure solution : une remorque de 14 pieds avec ses propres cibles, son éclairage et ses cages. Elle se gare presque n’importe où et est prête à lancer en une heure. Aujourd’hui, la remorque voyage dans les festivals, les événements corporatifs et les fêtes de rue, et Rage ne s’arrête plus à la porte du 1436 Atateken.

Le premier kiosque extérieur de Rage au Festival d’hiver de Québec, 2017 : cibles dans la neige et file de curieux
Une fête de quartier en hiver : deux cibles Rage devant une église de pierre, des familles en file
La remorque Rage dans la neige, un soir d’hiver

Les ligues

Quand le lancer est devenu un sport

Puis sont venues les années compétitives. D’abord, les gens voulaient savoir comment faire planter la hache. Ensuite, certains voulaient la faire planter à chaque fois. Ils posaient des questions sur la rotation, la distance et la constance. Ils voulaient des scores. Puis ils ont commencé à acheter leurs propres haches. C’est là qu’on sait que quelque chose a changé.

Les soirs de ligue ont grandi autour des mêmes cibles qui servaient aux anniversaires et aux premières dates. Rage est devenu l’un des centres fondateurs du système fédératif qui allait devenir l’International Axe Throwing Federation. Philippe Lafleur, gérant et compétiteur, Alexandra Teteryuk et bien d’autres ont mis des années à bâtir le côté compétitif de Rage. Ils ont coaché de nouveaux lanceurs, organisé des saisons, tenu les règles et donné aux gens une raison de revenir chaque semaine.

Certains lanceurs de Rage ont fini par compétitionner bien au-delà de Montréal. Max Machado a représenté le centre à haut niveau et apparaît dans Going Clutch, un documentaire sur le lancer de haches compétitif. Simon Arseneault s’est qualifié plusieurs fois pour le championnat international et a terminé une fois dans le top 10 du tournoi. Marie-Anick Savard a rejoint la ligue des années plus tard, s’est qualifiée en 2025 et a atteint le top 32 à son premier voyage. Philippe Lafleur, Jonathan Côté, Khalil Boukhris et bien d’autres ont porté le nom de Rage à travers différentes saisons et compétitions.

Sur une allée, quelqu’un tient une hache pour la première fois. Sur la suivante, quelqu’un se prépare pour un tournoi international. Parfois, la première personne finit par devenir la deuxième.

Philippe Lafleur, gérant et compétiteur, hache en main dans sa cible
Un compétiteur devant sa cible pendant un tournoi chez Rage

19 mai 2019

Outrageous

En 2019, on voulait voir jusqu’où le côté compétitif pouvait aller. Le 19 mai, quarante-huit lanceurs du Canada et des États-Unis sont venus chez Rage pour Outrageous : un tournoi à double élimination avec un prix très simple. 3 000 $. Le gagnant prend tout.

Trois ans plus tôt, on expliquait encore ce qu’était le lancer de haches. Maintenant, des gens voyageaient jusqu’à Montréal précisément pour compétitionner chez Rage. Une autre édition d’Outrageous se préparait pour 2020.

Puis la COVID est arrivée. Les ligues ont arrêté. Les événements ont arrêté. La salle est devenue silencieuse. Derrière les portes fermées, Alex Tsyrfa a porté l’endroit à travers cette période. Puis les portes ont rouvert. Les premières haches ont volé de nouveau. Les ligues sont revenues. Le bruit aussi.

Les 48 lanceurs d’Outrageous 2019, réunis pour la photo
Le gagnant d’Outrageous 2019 brandit le chèque géant
Un lancer sous la bannière de la fédération, Outrageous 2019

2025

Plus qu’un seul endroit

Rage n’a pas toujours été limité à une seule adresse. Il y a eu un pop-up au Dix30. Il y a eu Rage Rive-Sud. On a aidé à ouvrir un Rage au Guatemala avec nos cibles, notre équipement et notre façon de coacher.

Plus tard, TNT Axe Throwing a exploité des centres à Saint-Henri et au Dix30. En 2025, TNT est devenu une partie de Rage. Les coachs de TNT sont arrivés avec leurs habitudes, leurs histoires, leurs haches et leurs habitués. Certaines des personnes qui accueillent les invités chez Rage aujourd’hui portaient un chandail TNT il n’y a pas si longtemps.

Chaque adresse a emmené un morceau de Rage quelque part de nouveau. Chacune nous a appris quelque chose sur la construction des allées, la formation des coachs et la création d’une expérience que les gens veulent répéter. En 2026, tout est revenu à la maison, sur Atateken : la salle d’origine, l’équipe réunie, les habitués et dix ans de leçons sous un même toit.

Un coach venu de TNT Axe Throwing, hache à l’épaule, devant la cible
Les allées de TNT Axe Throwing, cibles éclairées et le logo TNT au mur
Le centre de lancer de haches au Guatemala, logo Rage peint au mur du fond, un lanceur en plein mouvement
Rage Rive-Sud à Saint-Hubert : murs rouges, logo du bûcheron et cages pleines un soir de groupe

2020–2025

Les visages ont changé. La raison, non.

Ce n’était pas la première fois que Rage changeait, et ce ne sera probablement pas la dernière. Des coachs sont partis, puis revenus. Des habitués sont devenus coachs. De nouvelles personnes ont passé la porte et se sont approprié l’endroit.

L’entreprise a changé aussi. Alexander est devenu l’unique propriétaire, et Rage est entré dans A\Maze, le groupe montréalais de divertissement né du jeu d’évasion à côté duquel les premières cibles avaient été construites. Aujourd’hui, le groupe comprend aussi les jeux d’évasion A\Maze, Art Chaos et Memento, la brasserie artisanale de Pointe-Saint-Charles.

Sur papier, ce sont des entreprises complètement différentes. En pratique, elles viennent toutes de la même conviction : les meilleures soirées sont celles où les gens font réellement quelque chose ensemble. L’activité change. La raison, non.

Alexander, propriétaire de Rage, hache à l’épaule devant la murale du raton laveur

2026

Un nouveau look

Dix ans laissent des marques sur un endroit. Des milliers de haches ont frappé ces cibles. Des champions de ligue ont été faits ici. Des premières dates, des anniversaires, des partys de bureau et de terribles premiers lancers ont rempli la salle de bruit.

En 2026, on a ajouté le lancer de couteaux aux haches. On a rénové le centre, revu le design et donné à la salle une nouvelle identité. Le logo a changé. Les murs ont changé. La salle a continué de grandir avec nous. Au printemps, on a accueilli un tournoi régional de l’IATF, qui a amené des compétiteurs de toute la région sur les allées renouvelées.

Le prochain chapitre est déjà en construction : la cuisine et le bar Rage, pour que les gens puissent rester après le dernier lancer et que la soirée n’ait pas à finir quand les haches arrêtent de voler. Mais placez-vous derrière la ligne, lâchez la hache et entendez ce premier THUNK. Pendant un instant, c’est de nouveau 2016.

Le nouveau bar de Rage en 2026, des clients au comptoir et les cibles derrière
Le tournoi régional de l’IATF chez Rage en 2026, vu d’en haut

2026

Dix ans plus tard

Le plus étrange, avec le recul, c’est de réaliser à quel point rien de tout ça n’était prévisible. On ne savait pas que ces premières cibles d’atelier mèneraient à des ligues, à des festivals extérieurs, à des compétiteurs internationaux ou à un demi-million d’invités. On ne savait pas que des gens voyageraient pour compétitionner ici. On savait seulement que lancer une hache, c’était le fun. Dix ans plus tard, c’est encore ce qui compte le plus.

Le lancer de haches a l’air d’une activité individuelle, mais les meilleurs moments se passent entre les lancers. Vous regardez vos amis. Vous riez des tentatives ratées. Vous célébrez les bonnes. Vous découvrez que la personne la plus discrète du groupe est étrangement redoutable. Pendant un moment, tout le monde arrête de regarder un autre écran et se met à faire attention aux gens autour.

C’est ça, Rage, depuis toujours. Pas seulement la hache qui plante, mais le bruit qui suit. La personne qui célèbre. Les amis qui l’ont vu. L’histoire qui sera racontée plus tard.

Un demi-million de personnes ont passé les portes depuis 2016. Presque toutes ont commencé au même endroit : debout derrière la ligne, une hache à la main, en se demandant si c’était une bonne idée. Puis elles l’ont lancée.

Archives

Les premières années, en photos.

La ligue

Les soirs de compétition.

Dix ans de soirées

Le monde qui a rempli la salle.

Le local en 2026

Pièce par pièce, après la refonte.

En vidéo

Dix ans, en trois films.

« Je n’ai jamais fait ça. »

Dix ans plus tard, des gens passent encore la porte et nous disent exactement ça.

Parfait. Nous non plus.